Comment arrivait-on jadis à compter les durées ?

En marge de l’histoire du calendrier, l’Homme a jadis développé de multiples techniques pour compter le temps et mesurer les durées. Petite promenade dans le passé pour découvrir ces méthodes…

Les phénomènes périodiques, aux origines du calcul du temps

Avant de commencer à concevoir des outils permettant de mesurer le temps, l’Homme a observé la périodicité de certains phénomènes. Le temps est en effet rythmé naturellement par l’alternance jour/nuit, les cycles lunaires, les marées, les saisons ou encore les années. Afin de se repérer dans le temps, il a ainsi commencé dès l’Antiquité à développer des outils lui permettant d’en mesurer l’écoulement.

mesurer le temps

Des outils du passé aux instruments modernes : comment mesurer ?

Les premiers instruments de mesure du temps créés s’appuyaient sur les phénomènes à l’origine de l’observation de la périodicité et sur des éléments naturels. Ainsi en va-t-il du gnomon, futur cadran solaire, ou encore de la clepsydre et du sablier. Ces premiers outils laisseront progressivement la place à d’autres, plus précis, comme l’horloge à encens ou la bougie graduée, qui seront eux-mêmes abandonnés au profit de l’innovation mécanique des premières pendules et autres chronomètres. Aujourd’hui, la technologie la plus aboutie est appliquée à l’horloge à quartz et à l’horloge atomique, à la précision hors du commun.

Le cadran solaire pour horloge

Le cadran solaire compte parmi les plus anciens outils de mesure du temps imaginés par l’Homme. Héritier du gnomon, un outil de mesure astronomique antique, amélioré par les Babyloniens et les Grecs, il se développe à partir du XIVe siècle. Délaissé avec l’apparition de la mécanique puis des technologies à quartz, il est aujourd’hui réactualisé par des artisans et même des designers ! Des sites Internet proposent par ailleurs des tutoriels et fichiers à imprimer pour créer soi-même son propre cadran solaire en un tournemain.

La clepsydre comme horloge

La clepsydre compte parmi les plus anciens outils de mesure de l’écoulement du temps. Ce vase percé d’un trou et gradué à l’intérieur qui, selon son étymologie, « vole de l’eau » permet de mesurer le temps par l’écoulement de liquide. Si les premières clepsydres remonteraient à 1600 av. J.-C. en Égypte et ont été améliorées par les Grecs, elles souffrent des inconvénients liés à l’eau et à son débit variable en fonction du volume, de la densité de l’air ou encore de la température. Autant de limites à l’origine de son abandon progressif.

L’horloge à encens pour minuterie

Un instrument de mesure du temps est particulièrement emblématique en Asie : l’horloge à encens, utilisée du VIe siècle avant J.C. au XVIIe. Le bâton d’encens brûlant à vitesse constante, il est placé horizontalement sur un support. Un fil de soie lesté par des billes est mis par-dessus, de part et d’autre du support. En arrivant sous le fil, l’encens le brûle et fait tomber les billes dans le socle, qui signalent ainsi le temps écoulé. Le bateau dragon est la forme la plus commune de cette horloge à feu, qui est ainsi aussi l’un des premiers réveils de l’histoire.

La bougie graduée pour réveil

La bougie graduée, aussi connue comme chandelle horaire ou « destructive », permet non seulement de s’éclairer, mais aussi de mesurer le temps écoulé grâce aux graduations indiquées sur la cire, en étant visible même en pleine nuit. Inventée au IXe siècle par Alfred le Grand, un roi très pieux souhaitant respecter ses temps de prière la nuit, elle a été par la suite agrémentée de billes métalliques ou de clous afin de constituer un véritable réveil. Aujourd’hui encore, les chandelles marquent le temps à l’occasion des ventes aux enchères à la bougie.

Le sablier pour chronomètre

Héritier de la clepsydre antique et plus précis que son ancêtre, le sablier se développe sous l’influence des marins au XIIIe siècle, avant de se démocratiser au XIVe siècle. Si ce véritable symbole de l’écoulement du temps a été délaissé au profit des chronomètres et minuteurs modernes, de nouvelles versions de cet outil sont désormais proposées. Ainsi, le sablier paradoxal s’écoule-t-il de bas en haut, et le sablier magnétique propose-t-il de véritables sculptures éphémères avec la limaille de fer qu’il contient.


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