L’Almanach du facteur : une coutume

Grande tradition au moment des étrennes, l’achat du calendrier proposé par votre agent de la Poste est une coutume vieille de trois siècles. De « l’Almanach du facteur » au calendrier des PTT, une épopée presque familiale, tant l’histoire du calendrier fait partie intégrante de la nôtre.

Calendrier PTT

L’Almanach royal, aux origines de l’histoire du calendrier des PTT

Les échanges épistolaires étant de plus en plus nombreux, la création d’un service des postes s’impose à la fin du XVIe siècle. Très vite, les indications utiles comme les départs de courriers, les emplacements des bureaux et de boîtes aux lettres sont consignées dans l’Almanach royal, ancêtre de notre calendrier de la Poste. Mais c’est au XVIIIe siècle, avec la mode qui consiste à offrir des calendriers ou des almanachs comme étrennes, que les facteurs exploiteront cette manne pour compléter leur salaire. Dès lors fleurissent des « Étrennes du facteur », des « Almanachs de cabinet » et autres « Calendriers de bureau ». C’est en 1810 que le nom « Almanach des Postes » apparaît enfin.

Besoin de renseignements sur la vie locale ? Consultez le calendrier des PTT

Les moyens de communication ont tellement évolué, mettant à disposition toutes les informations désirées, qu’on en oublie le but que poursuivait traditionnellement le calendrier des PTT : donner des renseignements utiles. Dès 1762, le sieur Grangé, imprimeur, poursuit l’idée d’éditer un « Almanach de la poste de Paris » délivrant quelques informations pratiques. Celui-ci contient un calendrier, bien évidemment, mais aussi des renseignements postaux, un plan de Paris et même des chansons. En 1855, l’administration des postes prend la décision officielle de faire de cet almanach du facteur un document de service dont le contenu est réglementé. À partir de cette époque, outre des renseignements généraux sur le service postal, le calendrier doit contenir notamment le nom des saints et des indications sur la vie locale. Son nom va également évoluer au cours de son histoire : l’Almanach des Postes devient « Almanach des Postes et des Télégraphes » en 1880, « Almanach des PTT » en 1945, puis « Almanach du facteur » en 1989.

Tradition oblige, des photos de petits chatons sur nos calendriers des PTT

Qui ne connaît pas ces photographies tendrement kitsch qui illustrent nos calendriers de la Poste ? Poulains au galop, chatons tout mignons et autres chiots craquants ornent les couvertures cartonnées depuis 1945. À moins que vous ne préfériez quelque paysage français ou panorama de l’autre bout du monde ? Ces illustrations, qui ont beaucoup évolué au fil des éditions, ont longtemps constitué un témoignage précieux sur l’esprit du temps. Dessins des événements marquants de l’année passée, scènes de la vie quotidienne et même propagande politique, le calendrier a suivi trois siècles d’Histoire. Le musée de la Poste en possède plus de 6000 exemplaires, de 1854 à nos jours, qui constituent une riche source d’informations sur notre société française.

« L’Almanach du facteur » ? Une épopée à 18 millions d’exemplaires

Lorsqu’en 1857, Oberthur est choisi comme imprimeur officiel, 800 000 almanachs des postes sont distribués. Dix ans plus tard, ce sont 2 millions de calendriers que les facteurs échangent contre leurs étrennes. Aujourd’hui, la production annuelle s’élève à 15 millions d’exemplaires.


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