Une Naissance à la maison

Dans le monde, plus de 90% des accouchements se font à domicile : chiffre impressionnant puisqu’en en France, seulement 1% des couples choisissent ce concept.
Mais aujourd’hui cette mode refait parler d’elle dans l’hexagone puisque de plus en plus de femmes émettent le désir de permettre à leur futur enfant de naître chez eux, et souhaitent vivre leur accouchement simplement, dans un environnement connu et rassurant. Aux pays-bas, 30% des accouchements se font à la maison et plus de 15% en Angleterre. Comment les femmes françaises vivent ces naissances au sein même de leur domicile ? Pourquoi ont-elles choisi ce type d'accouchement qui peut paraître aux yeux de certaines femmes enceintes insolite ?

bébé avec papa

Témoignage d’une adepte de l’AAD

Emilie fervente adepte de l’accouchement à domicile a donné naissance, il y a quelques mois à son 4e enfant. Elle a découvert ce concept grâce à son mari, dont l’ex-compagne a accouché chez elle.
Pour ce couple qui a accueilli ce nouvel enfant au sein de leur maison, l’accouchement à domicile est une véritable chance « On est mis à contribution. Je peux dire que j’ai participé à l’accouchement, je tenais ma femme pendant les contractions. J’étais l’assistant de la sage-femme, le second médical » se confie avec émotion le Papa.

En quatre grossesses, cette maman comblée, n’a jamais imaginée, une seule seconde accoucher dans une maternité, qu’elle considère comme un lieu « surmédicalisé ». Pour Emilie « On va à l’hôpital quand on est malade et qu’on veut se faire soigner, pas quand on veut avoir un enfant »

Marianne, une des rares sage-femmes à pratiquer l’accouchement à domicile, soutient les dires d’Emilie et avoue que pour une majorité de ces aides hospitalières, les femmes enceintes sont seulement considérées comme des « contenants ». Elle déclare et signe « Et puis en milieu hospitalier, le premier regard de l’enfant va au personnel médical, il faut que les parents se réapproprient ce moment-là. »

Pour finir, Emilie avoue avoir préparé méticuleusement ses AAD  et n’avoir eu aucun regret à mettre au monde ses enfants à la maison, bien au contraire. Pour elle, être chez soi pour donner la vie est quelques chose de merveilleux et comme elle le dit si bien avec émotion « ça donne quelque chose de magique au lieu ! » 

Quelles sont les motivations pour ces femmes ?
En somme, ces futures mères choisissent d’accoucher à domicile pour vivre leur grossesse dans un environnement non médicalisé et pour permettre au papa de jouer pleinement son rôle lors de l’accouchement.

L'Accouchement A Domicile en chiffres :

Sur 242 naissances à domicile, on a recensé 3,4 % d’épisiotomies, 62,6 % de périnées intacts, 32 % de déchirures au 1er degré (ne nécessitant qu’un ou deux points de suture) et 1,2 % de déchirures du second degré (3 à 5 points de suture).
En 1998, en maternités, taux d’épisiotomie des primipares : 71%, des multipares : 30%.

Autrefois la norme en France, l’accouchement à domicile, semble menacé devant les problèmes de responsabilité qu’il soulève mais la création des Maisons de naissance ( le reseau CALM), pourra peut-être pallier le manque et l’envie des futures mères d’accoucher dans des lieux moins médicalisés. Contrairement, à ce qui se passe en Angleterre où les jeunes parents "sont invités" à rentrer à la maison quelques heures après l'accouchement, si tout s'est passé sans problème.

Pour aller plus loin :
Le site du conseil national de l'ordre des sage-femmes
Un livre : Accoucher par soi-même Le guide de la naissance non assistée, de Laura Kaplan Shanley (Mama Editions, 2013)


Cet article vous a plu ? Partagez-le !


Articles à lire aussi :

Crowd birthing : accouchement original qui rassemble tous vos proches